Par Samson Mawulolo Ahlijah

Le 29 août 2047, aux alentours de 14 heures 10 minutes, un étrange post apparait sur le réseau social X. Le message est succinct et dit ceci : Nous sommes en route. En bas du message, il est marqué 32 heures 45 minutes depuis Élion. Tout semble donc indiquer que celui qui a écrit ce message ne se trouve pas sur Terre, mais sur une mystérieuse planète du nom d’Élion.

Très vite, le message divise la toile. D’un côté, on trouve les personnes qui sont convaincues de l’origine extraterrestre du message et de l’autre, ceux qui font tout pour démontrer qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’un vulgaire canular. À Paris, à Washington, à Moscou, à Pékin et à Bruxelles, les gouvernements s’activent et les forces de défenses sont placées en alerte maximale. Après avoir fait analyser le message par les meilleurs experts en informatique, les principales puissances du monde ont dû se rendre à l’évidence : l’Être à l’origine de ce post ne se trouve pas sur terre et il a posté ce message en se connectant à un réseau autre qu’Internet.

Face à cette situation, les grandes puissances du monde décident de mettre de côté leurs différences. Une réunion de haut niveau est organisée à Londres et regroupe les scientifiques, les experts en sécurité spatiale, les politiques, les économistes et les ufologues les plus connus. Le Japon, l’Argentine, le Brésil, le Mexique et le Canada sont invités à prendre part aux échanges. L’objectif est de définir la ligne de conduite à adopter au cas où les mystérieux habitants de la planète Élion décident de descendre sur la planète bleue. Les participants à la conférence s’accordent sur la nécessité de défendre l’intérêt de la Terre et de ses habitants.

Deux jours après la fin de la conférence, un énorme vaisseau spécial ressemblant vaguement à un losange se pose aux alentours de 13 heures sur l’esplanade de la tour Eiffel. Au même moment, un second message commence par circuler sur le réseau social X. Il est aussi succinct que le premier et dit ceci : Nous sommes là. Cette fois-ci, l’heure indique 13 heures 04 minutes et il a été envoyé depuis la Terre.

Le gouvernement français déploie aussitôt l’armée autour du lieu d’atterrissage. Les autres puissances sont alertées et commencent par mobiliser leurs troupes militaires. Après de longues minutes d’attente, le vaisseau s’ouvre et laisse sortir six êtres translucides de grande taille. Leurs morphologies se rapprochent vaguement de celle des humains, mais ils ont le visage couvert de poils comme les félins. À l’aide de ce qui semble être un traducteur, ces étranges visiteurs arrivent à établir un contact. Il explique être venu non pas pour faire la guerre, mais pour établir un partenariat gagnant-gagnant. Ils demandent à parler avec les principaux dirigeants de la Terre.

Alors que la nouvelle fait le tour du monde, les extraterrestres de la planète Élion sont conduits vers le palais de l’Élysée où ils sont accueillis par le président Français. Dans les heures qui suivent, les présidents et les premiers ministres américains, russes, japonais, chinois, canadiens et brésiliens atterrissent à Paris. Les plateaux télévisés occidentaux sont envahis par des analystes et des ufologues qui expliquent les conséquences que ce contact officiel avec un monde extérieur aura sur les différents aspects de la vie sur Terre.

Au cours des échanges, les visiteurs venus d’Élion expliquent qu’ils sont sur place pour établir des relations de partenariats commerciales, économiques et culturels. Ils indiquent avoir besoin de cuivre, de cobalt, de lithium, de thorium, d’uranium et d’autres métaux. En échange, ils proposent de fournir des technologies pour augmenter la production agricole et accélérer la régénération de la terre. L’occident qui s’est préparé depuis des années à cette hypothétique rencontre grâce au travail des scientifiques et aux recherches des ufologues, met rapidement sur pied un comité chargé de préciser les contours de cette coopération.

Lomé

Devant l’ONU, les grandes puissances assurent œuvrer pour le bien de l’humanité. Dans la foulée, des nouvelles compagnies minières sont créées et les regards commencent par se tourner vers l’Afrique.

Il faut dire que le continent africain est resté spectateur de ce tournant majeur de l’histoire universelle. L’Union-Africaine, les organisations comme la Cedeao, la Cemac ou la Sadc ou encore les grands pays du continent comme le Nigéria ou la RDC ne se sont jamais intéressés à la question des Ovnis ou aux hypothèses de la vie extraterrestre. Le continent ne compte que deux ou trois ufologues qui se sont installés depuis des années en Europe et aux États-Unis. Et sans surprise, aucun pays africain n’a été invité à prendre part aux échanges avec les visiteurs d’Élion.

Tandis que les médias occidentaux analysaient l’impact de la venue de ces visiteurs, sur le continent ; les journaux, les magazines, les chaînes de radios et de télévisions étaient envahis par des pasteurs et des imams qui exhortaient les croyants à plus de prières, car l’arrivée des extraterrestres étaient sans aucun doute le début de l’apocalypse et de la fin des temps. Certains médias donnaient la parole aux Kémites qui estimaient que la venue des habitants d’Élion n’étaient qu’une énième conspiration occidentale et lorsque les intellectuels du continent étaient invités à se prononcer sur cette situation, ils brillaient par leur méconnaissance du sujet et des potentiels enjeux.

Ainsi, alors que l’occident se préparait à tirer le maximum de profit de cette collaboration avec la civilisation d’Élion, l’Afrique était plongée dans une cacophonie qui rimait avec manque de préparation, ignorance et superstition. La grande partie des matières premières dont les habitants d’Élion avaient besoin se trouvaient en Afrique. Et il fallait trouver une façon de les exploiter. Les africains ayant été absents de la table des négociations ne savaient pas que ces visiteurs venus du ciel pouvaient permettre au continent de résoudre son problème d’insécurité alimentaire en augmentant la production agricole. L’occident ne voyait pas non plus pourquoi il devrait partager cette technologie avec les pays africains. Au contraire, ils pensaient s’en servir pour augmenter la production agricole au nord et vendre le surplus de cette production aux pays africains.

Dans la foulée, des révolutions perlées et des coups d’État sont organisés dans plusieurs pays d’Afrique. Les dirigeants trop fouineurs sont remplacés par des présidents plus dociles qui octroient des permis d’extraction aux nouvelles compagnies minières sans chercher à comprendre les enjeux. Les visiteurs d’Élion, satisfaits des livraisons de métaux et autres matières premières, offrent aux grandes puissances l’accès à leurs technologies. Une grande partie du monde occidental entre alors dans une nouvelle phase de croissance tandis qu’en Afrique, une nouvelle ère d’exploitation s’installe.

Même si ce scénario semble être tout droit sorti d’un roman de science-fiction, il illustre à merveille le sort qui sera réservé à l’Afrique en cas d’un contact avec une civilisation extraterrestre. Si le continent est aujourd’hui à la traîne et semble se situer en marge des grandes transformations sociétales et technologiques du monde, c’est en partie à cause d’un manque de prospective.

Le ciel africain comme le ciel américain ou européen est visité depuis de nombreuses années par d’étranges appareils volants qui ne viennent probablement pas de ce monde. La majorité des pays ont mis en place des organismes pour étudier ces phénomènes. Nous pouvons citer le cas du GEIPAN qui est rattaché au CNES, ou encore du MUFON aux États-Unis. Des ufologues des quatre coins du monde travaillent depuis des décennies à l’élaboration de différentes hypothèses concernant un contact avec une vie extraterrestre.

Pendant ce temps, sur le continent qui a vu naître l’homme moderne, la question des Ovnis reste ignorée et complètement absente de toutes les discussions intellectuelles. Sans aucune préparation à l’éventualité d’un contact alien, il est tout à fait normal que le continent soit non seulement ostracisé, mais aussi exploité (peut-être avec brutalité) dans la cadre d’une collaboration inter-planétaire.

Pour éviter que ce scénario cauchemardesque ne devienne une réalité, les instances de décision africaines ainsi que les organisations continentales et sous-régionales doivent accorder un certain intérêt à la question des ovnis afin de définir une approche africaine à ce mystère.

La mise en place de structures de recherche et de prospective sur les Phénomènes Aériens Non-expliqués (PAN) à l’échelle du continent permettra de dégager une conduite africaine à suivre en cas de contact officiel (ou officieux) entre l’humanité et une intelligence venue d’ailleurs.

(retrouvez UAP Afrique sur Youtube à travers des podcasts etc : https://www.youtube.com/@UAPAfrique)

Une réponse à « Anticipation : que fera l’Afrique en cas d’un contact entre l’humanité et une civilisation extraterrestre ? »

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