
Extraits d’une conversation avec Nanda
Artiviste slameuse
38 ans
24 avril 2023
Port-Gentil, Gabon
N : Je n’ai pas encore entendu à ce jour parler autour de moi d’histoires d’extraterrestres. Bon, on peut appeler ça par un autre nom.
J.H : Issiki ?
N : Non, c’est autre chose de mon point de vue. Issiki ou les génies, ce sont des habitants de notreenvironnement immédiat : on a les génies des eaux, les génies de telle forêt, parfois ils déménagent mais ils n’appartient pas à une autre dimension.
J.H : Intéressant, j’ai cru comprendre le contraire avec d’autres personnes. Donc ces génies ne sont pas dans d’autres dimensions mais dans la nôtre. Mais on ne les voit pas, c’est ça ?
N : Parfois on les voit, ils se manifestent. Je n’ai pas encore vu de génies, mais des manifestations oui. C’est pas un truc qui vient d’ailleurs. Le génie est ici. Tu te souviens en 2009, 2010, un lac s’était refermé, des gens disparaissaient dans l’eau, là par exemple c’est un génie qui a toujours vécu là. Un jour, il était sous la forme d’un serpent, il a été pris dans les filets d’un pêcheur, il a demandé au pêcheur de le libérer. Le pêcheur par cupidité a tué le python pour vendre la peau. Mais juste après avoir enlevé la peau, elle s’est mise à pourrir. Il avait trouvé aussi des pierres précieuses à l’intérieur du ventre du python. Ces pierres aussi ont pourri. Le même jour, le lac s’est refermé. Les habitants autour du lac ont entendu comme si on tirait des chaînes. Les deux extrémités du lac se sont rejointes par une sorte de bande de terre, des arbres, une sorte de mangrove, on peut dire ça.
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Quelques précisions suite aux propos avec Nanda. Le naturel avec lequel elle évoque les génies peut surprendre un esprit cartésien français. Dans la vie de nombreux gabonais, la question des génies est intégrée pleinement dans la vie quotidienne. Comme me l’avait fait remarqué
François Parmentier, auteur de Ovni : 60 ans de désinformation (éditions du Rocher, avril 2004), dans le cadre d’une correspondance, au sujet des peuples amérindiens, ceux-ci, je cite, « « ne sont pas pollués par le filtre culturel occidental. » » C’est la même chose dans le cadre gabonais. Les
génies sont là, c’est tout. On vit avec les génies comme on vit avec son portable. Sur le génie près du lac matérialisé en serpent, on pensera également à l’ouvrage ‘Ovni et conscience’ publié en 2015 sous la direction de Fabrice Bonvin et Daniel Robin, aux éditions du Temps Présent. On y retrouve le témoignage de pêcheurs en Amazonie confrontés à un serpent géant capable de produire un état hypnotique sur les personnes qui le regardent. De l’équateur sud-américain à l’équateur africain, les
serpents ne sont pas toujours ceux que l’on croit…
C’est aussi l’occasion de répondre à une question que se pose peut-être la lectrice à ce stade de l’ouvrage : « « Où sont les extraterrestres ? » » Une question qu’elle se sera peut être déjà posée en lisant les courts témoignages en début d’ouvrage. Que met-on derrière le vocable extraterrestre?
Les témoignages répondaient à une question précise : « « Avez-vous été confronté dans votre vie, qu’il s’agisse de vous ou de votre entourage à des objets volants non-identifiés et/ou des supposés extraterrestres ? » » Spontanément, certain-e-s évoquent un chien qui parle, une voix étrange , une chose avec des yeux rouges. En ce sens, le terme intelligences non-humaines semble plus adéquat que le mot extraterrestre.
Source : livre ‘La question des Ovnis en Afrique Centrale’, 2023





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