La Baie des Rois, Libreville, Gabon

« Le président est un ancien général. Il est au courant, forcément. Il ne dit rien. Mais les généraux dans le monde entier sont au courant que nous ne nous sommes pas seuls. Mais mes compatriotes ne s’intéressent pas à ça. Là aussi on va le payer. Même sur le sujet des extraterrestres, on va se retrouver sous la coupe de la France ou des États-Unis. Ici les médias n’ont pas parlé de David Grusch. Il est sérieux, pourtant. S’il avait menti au congrès, il serait allé en prison, les américains ne rigolent pas. Non, le gabonais n’est pas prêt, pas prêt du tout. » Tonton Claude pose son verre sur la table après l’avoir vidé d’une traite. Je ne pensais pas que cette histoire pouvait le travailler. Il est à la retraite, peut-être ce sujet l’occupe. Mais en fait, il se passe quelque chose de mondial en effet depuis l’été 2023 où l’ancien vétéran David Grusch a été auditionné au congrès aux États-Unis pour s’exprimer sur la récupération d’engins non-humains par le Pentagone. Les audiences avaient été couvertes dans le monde entier mais le stigma sur les ovnis est tel qu’une partie de l’opinion est restée à ce jour indifférente, amorphe. Mais une autre partie a pris conscience de quelque chose et c’est loin de concerner uniquement les États-Unis. Il y a eu des auditions de témoins au sénat brésilien dans la foulée, la formation d’un groupe bipartisan consacré à ces questions au Japon. Tonton Claude est au courant que Sylvain Maisonneuve, ancien conseiller ministériel de Bercy a écrit un ouvrage sur le sujet, il a fait la tournée des médias. Je lui demande s’il existe des zones à Libreville et les environs où on peut faire des observations d’engins atypiques dans les airs. Chaque région a ce qu’on appelle ses hotspots. « A Libreville, pas vraiment. Je crois que ces gens n’aiment pas la lumière. Ici c’est la capitale, il y a de la lumière partout. Mais si tu vas à l’intérieur du pays, dans les forêts, tu peux voir des boules, des sphères, le long des rivières. » Bon, de toute façon, je ne suis là que deux semaines. Je n’ai ni le temps ni les moyens (et au fond ni l’envie) de m’aventurer à l’intérieur du pays pour avoir l’hypothétique ‘chance’ de voir des sphères étranges.’

Ce passage est extrait du récit ‘Coeur Canari, journal d’un retour au Gabon natal’ de Jann Halexander. En effet, l’artiste et fondateur de UAP Afrique s’est rendu dans son pays où il n’avait pas mis les pieds depuis 23 ans. Le récit, bref et riche (une cinquantaine de pages) donne un aperçu de la société gabonaise, ses mystères, ses paradoxes, ses grandeurs. Disponible sur amazon.

Pour mieux comprendre l’Afrique Centrale, quelques suggestions littéraires :

L’écrivain d’origine congolaise Célestin Diabangouaya nous fait plonger avec ‘Les tontons frimeurs de Brazzaville’ dans la société congolaise et ses frimeurs, ces hommes habillés en vêtements de luxe achetés à crédit, symbole de l’impasse dans laquelle se trouvent les classes populaires et moyennes. Tout se joue dans les apparences, de Pointe-Noire à Paris en passant par Brazzaville. L’écriture est riche, acide, virulente et parfois tendre aussi. Un bijou de littérature de 251 pages, par un homme qui jette un regard tendre mais sans concessions sur ses pairs. Disponible sur amazon.

Enfin, place au Cameroun avec Jacky Moiffo, que vous connaissez forcément, journaliste de renom à la tête de JMTV+, une plate-forme médiatique de libre expression (plus de 118.000 abonnés, 27 millions de vues). En 2018, il co-écrit avec Yannick Nambo le terrible ‘Ils ont vendu mon frère : ou le douloureux chemin de l’immigration’. Le parcours des immigrants dits illégaux y est décrit sans concessions, de l’Afrique à l’Europe, l’écriture est haletante, impossible de ressortir indemne de cette œuvre de 126 pages. Disponible sur amazon.

La rédaction

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