
Depuis la lune, mission Apollo, 1969
« Le ministère de la Guerre est en parfaite adéquation avec le président Trump pour apporter une transparence sans précédent concernant la compréhension qu’a notre gouvernement des phénomènes anormaux non identifiés. Ces dossiers, dissimulés derrière des classifications, ont longtemps alimenté des spéculations justifiées — et il est temps que le peuple américain puisse les consulter par lui-même. Cette publication de documents déclassifiés démontre l’engagement sincère de l’administration Trump en faveur d’une transparence sans précédent. »
Pete Hegseth, secrétaire à la Guerre des États-Unis
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Nous vivons une époque fascinante. On est passé du déni pur et simple pendant des décennies à une forme de transparence institutionnalisée.
En mettant en ligne ces vidéos via l’AARO (All-domain Anomaly Resolution Office) ce 8 mai 2026 sur le site du Département de la Défense, https://www.war.gov/UFO/, le gouvernement des Etats-Unis opère un changement de paradigme majeur. Les vidéos montrent des objets « étonnants » : orbes métalliques, formes en étoile à 8 branches, manœuvres à 90 degrés près de la surface de l’océan, objets en forme de cigare ou de larme, etc., souvent filmés par des drones ou capteurs infrarouges en zones sensibles (Moyen-Orient, Europe, Pacifique, Iraq, Arabie Saoudite, Grèce). Beaucoup restent « unresolved » malgré les analyses. On note un rapport caviardé concernant l’observation d’orbes blanches à Djibouti en 2025. Ou encore le témoignage d’un opérateur de l’armée américaine qui a signalé avoir observé un UAP à une altitude estimée à 1 800 pieds dans le détroit d’Ormuz, en septembre 2020. 162 fichiers. C’est considérable.
On peut certes déplorer une transparence sélective : en libérant des cas « inexplicables » tout en gardant le contrôle sur les explications classifiées, les États-Unis signalent une supériorité en renseignement et en capteurs. C’est classique dans la compétition entre grandes puissances (notamment face à la Chine et à la Russie). D’autre part, les Etats-Unis rappellent qu’ils sont leaders sur les phénomènes aériens/anormaux.
Historiquement, les rapports officiels (comme celui de 2021) évoquent des possibilités : technologies adverses (Chine, Russie), phénomènes banals mal interprétés, ou…inconnues.

On insiste : ce 8 mai 2026 est un jour historique dans l’ufologie. Il faut dire que le sujet ovni alimente les médias de masse de façon continue et accélérée depuis l’été 2023 (les révélations de David Grusch). L’actualité est tellement fournie que les sceptiques zététiciens ont toutes les peines du monde à réagir : très simplement, on peut dire que le rapport de force entre les ‘sceptiques’ et les ‘croyants’ commence à s’inverser. Car bien sûr, certains auront beau jeu de claironner que rien n’indique une origine non-humaine, qu’il manque la preuve ultime (et c’est vrai, nous avons des faisceaux de preuve mais pas de preuves ultimes), on sent bien que ‘tout ce cirque’ de déclassification n’a pas pour objectif unique de porter la pleine responsabilité des ovnis sur les fameux drones russes ou chinois. Certaines images sont très perturbantes comme cette photographie d’archive montre la surface lunaire telle qu’elle était vue depuis le site d’atterrissage d’Apollo 12, en 1969. L’image met en évidence une zone d’intérêt située légèrement à droite de l’axe vertical du cadre, au-dessus de l’horizon, dans laquelle des phénomènes non identifiés sont visibles.
Pendant longtemps, l’ufologie était reléguée au rang de science occulte ou de délire paranoïaque. En créant un portail officiel, le Pentagone admet que ces phénomènes sont réels, physiques et dignes d’intérêt scientifique. Ce n’est plus une question de « croyance », mais de données aéronautiques.

Il faut aussi dire qu’en remplaçant « UFO » par UAP (Unidentified Anomalous Phenomena), l’administration a « nettoyé » le terme de son bagage hollywoodien pour en faire un sujet de sécurité nationale. C’est une validation par la bureaucratie : si on le nomme officiellement, c’est que l’objet d’étude existe.
Certes, cela n’est pas forcément une validation de l’hypothèse extraterrestre. Pour le Pentagone, un UAP est d’abord une menace potentielle ou une technologie adverse (russe ou chinoise) avant d’être un visiteur interstellaire. Mettre ces vidéos en ligne permet aussi au gouvernement de reprendre le contrôle du récit. En étant « transparent », ils découragent les fuites non autorisées et canalisent l’attention du public.
Pourtant, on peut dire que l’ufologie a gagné sa bataille pour la crédibilité sans passer par une reconnaissance du monde des sciences. Et pour cause, cette discipline n’est pas une science et le sujet cible (Alien) est trop explosif pour être laissé à la seule appréciation du monde scientifique et de son attitude longtemps stigmatisante. Il y a du flou, forcément. C’est un peu comme si le gouvernement avait ouvert les dossiers de la « zone grise » sans pour autant confirmer ce qui s’y cache.
Formulons une hypothèse, qui n’est plus si audacieuse : si certains UAP ne sont ni américains, ni chinois, ni russes (comme le suggèrent certains rapports sur des performances « au-delà des capacités terrestres connues »), alors publier ces vidéos pourrait être un signal discret : « Nous savons que vous existez, nous vous observons, et nous le rendons public sans panique. » Cela évite l’escalade tout en informant (ou en testant la réaction de) cette entité. En gros, une forme de dissuasion cosmique ou psychologique : Montrer que l’humanité (via les États-Unis) n’est pas impuissante face à l’inconnu.
Même si les rapports officiels AARO/Pentagone insistent généralement : pas de preuve d’origine extraterrestre ou non-humaine. La plupart des cas s’expliquent probablement par des artefacts sensoriels, drones, ballons, ou tech secrète. L’« inconnu » reste souvent une lacune de données, pas une confirmation d’aliens. De quoi ravir les sceptiques et calmer les trouillards…mais…
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‘Ils ont maintenu leurs promesses, ils avaient dit qu’ils déclassifieraient, ils ont commencé la déclassification aussitôt. On a des vidéos, des documents longtemps classifiés, appartenant aussi à la Nasa, qui vont être très intéressants à éplucher. Ce n’est pas fini, il devrait y en avoir d’autres. En tout cas les cas, ils ont tenu parole. Le fait que ce soit fait sur le département de la guerre des Etats-Unis, ce n’est pas anodin, ça envoie un message aux autres nations dans le monde. C’est historique, ça n’a jamais été fait auparavant. Il y a une volonté d’envoyer l’information, peut-être à des pays adverses. N’oublions pas non plus la guerre interne entre le gouvernement et les complexes militaro-industriels qui semblent cacher des informations aux membres du Congrès et à la Maison Blanche. C’est aussi pour mettre la pression sur ces complexes. Il faut attendre la suite, s’ils vont déclassifier plus. S’il y a d’autres vidéos, d’autres photos, de meilleure qualité. Pour l’instant elles sont essentiellement infrarouges. Mais par exemple ça montre bien que des astronautes qui sont allés sur la Lune ont effectivement vu des objets non authentifiés.’
Sarah Witeneim, co-organisatrice de l’Echo Event, membre de UAP CHECK, et co-autrice de ‘Ovnis-Briser le silence’ avec Daniel Robin (2025).

‘On est vers un premier pas de divulgation. Nos aînés ufologues, Jimmy Guieu, Aimé Michel, ce qu’ils ont recherché activement, ce sont des documents officiels, nous les avons, en tout cas une partie aux Etats-Unis, c’est un premier pas, une première avancée. Bon ça peut être frustrant car on a des rapports qui sont pour la plupart caviardés, idem pour les vidéos où il manque les données de localisation, le nom du témoin, etc, tout ce dont on a besoin pour faire une enquête ufologique, donc évidemment ces documents peuvent difficilement servir de preuve.
Le côté positif est que ça émane d’un organisme d’État, un organisme officiel, le ministère de la Guerre. Ce qui est intéressant, ce sont les photos de la Nasa, je ne m’attendais pas à les trouver là, des photos datant de 72. Dès lors qu’il y a un astronaute sur la lune, dans le ciel sélénite, on observe des boules lumineuses, des formes comme des formes triangulaires, une forme oblongue, comme une espèce de cigare. Cela donne du crédit à ceux qui disent que les missions lunaires, de la première jusqu’à Apollo 16, ont été sous surveillance d’entités étrangères : ça donne du crédit à ce que nous savons en ufologie depuis au moins 70 ans, à savoir qu’il y a des objets inconnus dans nos cieux qui ont des manœuvres qui sortent de l’ordinaire. Et qu’on a eu des observations dans l’espace, sur la lune, comme l’ont rapporté des astronautes sous le couvert du secret. On attend la suite. […] Mais je pense que c’était nécessaire pur habituer le public, pour ne pas l’effrayer, même si je pense qu’Hollywood a bien fait son travail depuis quelques décennies. Et je pense que le film de Spielberg viendra parachever tout cela lorsqu’il sortira le 10 juin chez nous, le 12 juin aux Etats-Unis. Je pense qu’on est entré dans un processus de divulgation tous azimuts, tous médias confondus et ça c’est plutôt encourageant, si bien entendu la guerre ou autre chose ne vient pas noircir le tableau d’ici là.’
Stéphane Royer, co-auteur de l’ouvrage ‘Ovnis et nucléaire, Sommes-nous sous surveillance ?’ (2021)

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Nous pourrions être tentés de dire qu’à l’approche des élections mid-term, le gouvernement en posture difficile (enlisement iranien) tente de marquer des points en prétendant garantir la sécurité des américains.
Les réactions à ces déclassifications sont d’ores et déjà variées, contrastées, comme elles l’ont été suite aux déclarations d’Obama et de Trump. ‘Tuer’ le messager est plus commode qu’écouter le message. Ainsi raisonne tout un pan de la twittosphère par exemple qui a d’ores et déjà décrété que c’est encore de la mascarade, de la désinformation des américains, que c’est une manœuvre du ‘gouvernement mondial’. Aux oubliettes le fait que des ovnis et des êtres non-humains soient observés depuis des siècles à travers le monde. Et en même temps (nous nous faisons l’avocat du diable) : difficile de croire une nation qui a menti pour faire la guerre en Irak…
La question UAP est empoisonnée, insoluble, étouffante, gênante et désormais…permanente. Il n’est pas rare désormais d’avoir dans son entourage des gens qui pendant longtemps pouffaient à la moindre évocation du mot ‘ovni’ et qui maintenant se taisent ou disent pudiquement ‘ce genre de sujet ne m’intéresse pas’. Nous aurons probablement besoin de structure comme CERO-FRANCE ou UAP Medical Coalition pour accompagner des personnes anxieuses à ce sujet.
L’autre problématique est la réaction des grandes nations du monde face à cette déclassification. On doute fort que la France, l’Allemagne, encore moins la Chine, la Russie, l’Australie, l’Inde, l’Egypte ou l’Afrique du Sud adoptent une démarche similaire vis à vis de leurs citoyens. Peut-être le Brésil ? A suivre donc. Problématique également dans le cadre franco-français (et nous y reviendrons plus longuement) est l’absence de couverture médiatique par des médias qui se prétendent d’investigation : Médiapart, Investigaction etc. Il semble qu’il soit,plus commode de soutenir et d’héroïser un Julian Assange plutôt qu’un David Grusch.
Les mois à venir vont être intéressants, nous le disons avec pudeur. Et maintenant, nous avons une pensée pour ces ufologues français, pionniers, qui furent en leurs temps méprisés, ostracisés pendant des décennies : Joël Mesnard, Jimmy Gieu, René et Francine Fouéré, Pierre Guérin, Aimé Michel, René Hardy, pour ne citer que ceux-là. Et évidemment une pensée pour les ufologues du monde entier, du Canada au Zimbabwé, qui ne sont plus là pour vivre ce moment important, étonnant et crucial de notre histoire contemporaine.

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